Cette action est terminée.

En 2001, Tarbiyya-Tatali (les Amis du Niger avec l’encadrement local fourni par le RAEDD) financent le programme « Un manuel par élève et par discipline » à Gourou Kirey et un poste d’instituteur.

Associer élevage et éducation

Le village est habité par des Peuls, un peuple traditionnellement éleveur. Les parents d’élèves n’étaient pas forcement favorable au fait que leurs enfants aillent à l’école. Ils avaient peur qu’ils perdent ainsi leur mode de vie d’éleveurs. Il fallait donc trouver un mécanisme alliant l’élevage au milieu scolaire.

En 2002, les Amis du Niger attribuent une somme de 223 000 cfa à l’association de parents d’élèves pour monter un troupeau pédagogique.

L’association de parents d’élèves a constitué un comité d’éleveurs qui est en charge de gérer l’argent du troupeau. Il est constitué d’un président, un trésorier, un secrétaire, tous parents d’élèves, nommés pour deux ans. En plus de ce bureau, l’animateur du RAEDD, également instituteur dans l’école, est chargé du suivi du projet et d’effectuer les convocations pour les parents d’élèves avec le délai de remboursement. Les élèves remboursent le moment venu au trésorier du comité.

La première année, 23 élèves ont été tirés au sort parmi les CM1 et CM2 pour obtenir 10 000 cfa chacun. Avec les intérêts, le nombre de bénéficiaires passe à 26 élèves l’année suivante, puis à 31 élèves avec un prêt total de 350 000 cfa. Le Fonds canadien pour les initiatives locales soutient ce projet et complète la montant pour que l’ensemble des élèves de l’école puissent en bénéficier : actuellement 103 filles et 98 garçons (soit 1,5 millions de cfa pour 203 enfants).

Chaque élève de l’école se voit donc désormais attribuer une somme de 10 000 cfa, qui lui sont en principe suffisant pour l’achat d’un animal et le son nécessaire à son alimentation. Le délai de remboursement est de 5 mois. Chaque élève gère seul son animal, le nourrit, le soigne. Au bout de 5 mois, chaque famille doit vendre l’animal afin de pouvoir rembourser le prêt. Elle le vend soit au marché sur la route de Say, soit au boucher du village. Ce sont les parents qui s’occupent de cette phase, certains enfants débrouillards les accompagnant pour voir comment s’effectuent les négociations. Au bout des 5 mois, le comité d’éleveurs convoque l’ensemble des parents pour une AG où le remboursement est effectué, avec les 10% d’intérêt.

En principe, la vente de l’animal permet d’augmenter le montant de départ, voire de le doubler.

Les bénéfices servent ensuite uniquement à l’enfant qui s’est occupé de l’animal, pour l’achat d’habits, de fournitures scolaires, de nourriture à l’école.

Comment gérer les échecs ?

L’achat de l’animal peut coûter cher au départ (jusqu’à 10 000 cfa) tout dépend de l’époque à laquelle est effectué le début du prêt. En période de soudure, l’animal coûte moins cher car il y a moins de nourriture disponible. Il est aussi arrivé que l’animal tombe malade et meurre. Il peut toujours être vendu mais à prix faible (ex. 7 000cfa). Dans ce cas, le crédit doit toujours être remboursé, mais le délai de remboursement peut être repoussé. Il suffit que les parents viennent expliquer leur situation au comité de gestion. Une fois seulement un élève a remboursé le prêt alors que son animal était mort, sans en parler au chargé de suivi. Le comité est en train de chercher une solution pour ne pas pénaliser ces élèves, qui se sentent déjà en échec.

Photo d'Alain Roux
Photo d’Alain Roux