Le film « Un trio de filles à Dankassari » a été diffusé régulièrement en France, notamment dans les collèges de Cesson et des environs de Rennes.

Nous tenons à le diffuser également au Niger, notamment dans les villages de Dankassari.

A la télévision nigérienne

Les réalisateurs du film Idi Nouhou et Saradji Bakabe ont obtenu une diffusion gratuite à la télévision nigérienne. Il a été diffusé en octobre 2020 sur TV Saraounia.

Dans les collèges de Dankassari

Grâce à un soutien du Conseil Départemental d’Ille et Vilaine, des projections du court métrage « Un trio de filles à Dankassari » ont été organisées dans les collèges de la commune de Dankassari,.

L’équipe était constituée des deux réalisateurs du film Idi Nouhou et Saradji Bakabe, du responsable de la coopération décentralisée Cesson-Dankassari au RAEDD et de Mme Issa Aïchatou Da Badio Doka, responsable SCOFI (Scolarisation des Filles) dans le département de Dogondoutchi.

Au total, des projections ont été réalisées dans six collèges, à Goubeye, Bawadi Daji, Dankassari, Kamrey, Dogon Tapki et Bawada Gida. Et 541 élèves, dont 307 filles et 234 garçons, ont suivi ces projections. A Dankassari, vu le nombre, il a fallu organiser deux projections qui ont regroupé 103 filles et 95 garçons, pour des séances très animées, en présence de deux des trois personnages centraux du film : Oumalher Chaïbou et de Zeïnab Hamidou. La troisième du trio Zeïnab Alio Chanou poursuit ses études à Malbaza. On notait aussi la participation de deux membres de l’association de mères d’élèves.

Sur le plan matériel, la projection était difficile. Il était prévu un groupe électrogène, un projecteur, le film étant sur un ordinateur. Mais les classes en paille étaient trop éclairées, et plusieurs fois le projecteur n’a pas pu fonctionner et il a fallu regarder directement sur l’écran de l’ordinateur.

Après chaque projection, le responsable du RAEDD, Issa Dan-Badio Doka et Idi Nouhou se relaient pour instaurer le débat et/ou expliciter certains aspects du film. Issa Dan-Badio Doka insiste sur la nécessité pour les filles d’étudier en prenant exemple sur elle-même. Elle rappelle également le rôle des garçons qui doivent aider leurs sœurs en sensibilisant leurs parents à ne pas marier ces dernières trop tôt.

Lors du débat, les élèves montrent qu’ils ont bien compris que le sujet principal est le mariage précoce et forcé. Les élèves, filles aussi bien que garçons, rappellent les arguments donnés par un des personnages pour refuser le projet de mariage forcé qui la menace : surcharge de travaux, lessive, cuisine à n’en plus finir avec risque de se voir privée de la nourriture qu’elle a préparé, corvée d’eau, etc.
A la question : « Pourquoi tu ne veux pas subir le mariage forcé ? », beaucoup de jeunes filles évoquent des arguments tels que :

  • le mépris du mari dans le cas d’un mariage où lui-même n’est pas forcement consentant ;
  • l’interruption forcée des études pour la fille ;
  • les rêves brisés ...

A part à Dankassari, les filles sont intervenues moins que les garçons. Il a fallu qu’Issa Aïchatou Dan-Badio Doka leur lance un défi en leur demandant si elles valent moins que leurs camarades garçons pour motiver leur prise de parole.

Quelques cas de mariages forcés ont été évoqués :

  • A Goubey, une jeune fille avait 14 de moyenne. Ses parents l’ont mariée à un jeune vivant à Loga. Une autre jeune fille s’est plainte auprès des autorités administratives locales de ses parents qui menacent de la marier de force alors qu’elle en aime un autre.
  • A Dogon Tapki, il y eu mariage forcé d’une élève mais il n’a duré qu’une semaine.

Les suggestions des enseignants sont les suivantes :

  • l’organisation d’autres projections à l’intention de la population de Dankassari, village qui a servi de décor au film.
  • l’organisation d’autres projections dans d’autre villages de la commune de Dankassari, là le problème du mariage précoce est encore plus crucial.
  • l’organisation, au cours de l’année, d’au moins deux missions de sensibilisation sur le mariage précoce à l’intention des parents d’élèves dans les villages, afin de renforcer le message.

Dans les écoles primaires de Dankassari

Des projections ont été organisées en juin 2020 dans les écoles primaires de Chanono, Toullayé ; Tougana peul, Jigarwèy , Danzouré, Kolfa 1, Nakigaza , Sarkin rouafi,, Kamrey peul Tounzourawa dans le cadre de l’appui à la scolarisation des filles.