La croissance démographique très importante, supérieure à la croissance économique, nuit au bien-être de la population nigérienne.

La planification familiale au Niger

La contraception moderne est encore très peu répandue au Niger, surtout dans les campagnes.

Le Ministère de la Santé Publique a adopté un plan pluriannuel (2012-2020) pour contribuer à la maîtrise de la croissance démographique par la promotion de la planification familiale. L’objectif est de passer d’un taux de 11 % de prévalence contraceptive moderne à 50 % à travers trois axes stratégiques renforçant la planification familiale

  • renforcement de l’offre dans les services de santé
  • renforcement de la demande par l’éducation et la sensibilisation
  • promotion d’un environnement favorable.

Sa mise en oeuvre nécessite la mobilisation de moyens importants.

Contribution de Tarbiyya Tatali

Une animatrice spécialisée a été recrutée en novembre 2015 sur les fonds propres de l’AESCD. Elle est chargée de renforcer la demande contraceptive par l’éducation et la sensibilisation. Les structures de santé de leur côté (CSI et cases de santé) sont mobilisées pour faire face à la demande.

Elle a commencé par prendre contact avec les groupes Epargner pour le Changement, qui restent très actifs à Dankassari malgré l’arrêt du financement par la Fondation Stromme.

Elle visite tous les villages de la commune rurale de Dankassari pour des réunions de sensibilisation. Elle a pour but l’identification et la formation de personnes relais dans les villages.

Son premier objectif est la lutte contre les mariages précoces (avant 18 ans) et les premières grossesses survenues avant 19 ans. Son second objectif est l’amélioration du bien-être des femmes et des enfants par l’espacement des naissances et l’utilisation des méthodes contraceptives modernes. Son troisième objectif est de contribuer à une évolution des mentalités, notamment chez les hommes. Son quatrième objectif est de sensibiliser la population pour qu’elle fasse le lien entre le développement économique et humain du Niger et la maîtrise de la démographie.

Une deuxième animatrice a été recrutée pour les villages de Dogondoutchi, les frais sont partagés entre l’AECIN et l’Association d’Echanges entre Orsay et Dogondoutchi.

Deux formations de 30 femmes-relais dans les villages ont eu lieu dans le cadre du programme « Progresser vers les Objectifs du Développement Durable dans les villages de Dankassari », fin 2017 et début 2018. Deux formations de 30 femmes relais des villages de Dogondoutchi ont eu lieu en Novembre 2019. Une nouvelle formation de 26 femmes et 24 hommes relais a eu lien pour les villages de Dankassari en juin et juillet 2020.

Un renforcement de formation de 30 femmes relais en planning familial pendant trois jours a été organisée, avec pour but un retour d’expérience sur leur pratique dans les villages à la suite de leur formation initiale fin 2017 et début 2018 et de vérifier que les connaissances précédentes ont été assimilées. La formation a été retardée du fait de l’interdiction des actions de formation par le gouvernement nigérien à cause du COVID. Elle a finalement eu lieu du 5 au 7 mars 2021, avec la participation des deux animatrices de planning familial.

Un kit de démonstration de planning familial leur a été distribué, ainsi qu’une boite à images (jeu de 27 pagivoltes).

Premiers résultats

Les efforts faits pour un changement de mentalité se traduisent dans les statistiques. Selon l’Enquête Démographique et de Santé du Niger 2017, l’indice de fécondité est passé de 7,6 en 2012 à 6,0 enfants par femme en 2017. La baisse est plus importante dans la région de Dosso ­ à laquelle appartiennent Dankassari et Dogondoutchi ­passant de 7,5 à 5,7 enfants par femme.

De 2018 à 2020, l’animatrice Maimouna Kadi a rencontré en tout plus de 11 000 personnes, dont environ 35 % d’hommes dans la commune rurale de Dankassari, dans plusieurs dizaines de villages. Elle a fait par ailleurs partie de la tournée pour la sensibilisation à l’état-civil de début janvier 2021 ce qui lui a permis de se rendre dans des zones difficiles d’accès où elle ne peut se rendre en moto telle que Karki Malam.

Travaillant en contact avec l’infirmière chef du Centre de Santé Intégrée (CSI) de la commune de Dogondoutchi, l’animatrice Rekia Toumane a visité en 2018 un certain nombre de villages du département de Dogondoutchi et a vu en tout plus de 2300 personnes en huit mois, soit une moyenne de près de 300 personnes par mois, dont environ 40 % d’hommes. En 2019, elle a visité 25 autres villages de Dogondoutchi soit en moyenne 5 villages par mois à raison de 3 séances par villages (15 séances mensuelles), avec un ou deux thèmes traités à chaque fois.
En 2020, Rekia Toumane a poursuivi ses visites et a rencontré au total 3540 personnes dont 2260 femmes et 1280 hommes.

Maimouna Kadi