"Epargner pour le changement" : un partenariat entre le RAEDD et la Fondation Stromme

La pauvreté au Niger est essentiellement rurale et féminine.

Pour le RAEDD, les femmes vivant en milieu rural sont riches de leur expérience, de leur savoir faire et de leur disponibilité pour le travail. Il a déjà, avec ses moyens propres, pris plusieurs initiatives pour soutenir les initiatives économiques des femmes : relancer le tissage et le filage du coton à Lougou, encourager les femmes de Wassadahatchi qui récupèrent des sols, par exemple.

La Fondation Stromme souhaitait étendre au Niger son programme "Epargner pour le changement" déjà présent au Burkina et au Mali. Le but de ce programme est de renforcer les capacités organisationnelles et institutionnelles des femmes autour de la mobilisation de l’épargne locale et sa redistribution sous forme de prêts autogérés et promouvoir leur participation active dans la gestion des affaires de leurs groupes et de leurs localités.

La Fondation Stromme a proposé un partenarait avec le RAEDD, dont elle a pu apprécier l’efficacité pour les classes passerelles.
C’est pourquoi l’ONG a engagé depuis novembre 2009 un programme « Epargner pour le Changement ».

Grâce à un appui de la Fondation Stromme, le programme EPC a démarré dans les communes de Dankassari, Dogondoutchi, Dogonkiria, Kiéché, Matankari et Soucoutane, dans le département de Dogondoutchi.

Premiers résultats.

Les objectifs spécifiques de la première année sont :

  • assister les femmes des zones rurales pauvres à s’organiser en groupes de solidarité ;
  • renforcer leur capacité en gestion pour leur permettre de mobiliser leurs propres épargnes ;
  • accompagner les femmes afin qu’elles puissent se servir de leurs épargnes propres pour s’octroyer des petits prêts avec intérêts pour le financement des activités génératrices de revenus ;
  • assurer aux membres des groupes de solidarité des formations appropriées pour l’amélioration de leur santé et de leur cadre de vie ;
  • amener les partenaires locaux actifs sur le terrain, partageant les idéaux du programme à s’impliquer et à intervenir.

Les résultats attendus en 2010 sont :

  • la mise en place de 120 groupements, de 25 femmes chacun ;
  • l’implication de 3 000 femmes dans la démarche du programme ;
  • la mobilisation d’une épargne de 14 400 000 F cfa (100 F par semaine x 1 femme x 4 semaines x 12 mois x 3 000 femmes) par les femmes impliquées dans le programme ;
  • au moins 80% des fonds épargnés sont prêtés aux femmes membres des groupes ;
  • au moins 50% des femmes sensibilisées utilisent régulièrement la moustiquaire ;
  • chacune des 3 000 femmes est en mesure de prendre la parole en public et d’expliquer le mode de transmission du paludisme.

Ainsi, grâce à ce programme, les femmes :

  • acquerront des connaissances sur la vie associative ;
  • apprendront à épargner, octroyer et acquérir des prêts et mener des activités génératrices de revenus ;
  • acquerront des connaissances dans divers domaines, particulièrement en matière de santé et précisément d’une maladie qui tue plus que le VIH/SIDA : le paludisme ;
  • verront s’améliorer leur capacité de s’exprimer en public et développer une capacité à appartenir aux cercles décisionnels du village.

Le RAEDD disposant d’une ferme de production de spiruline à Dogondoutchi, un volet d’information sur la malnutrition et la manière de la combattre fera aussi partie du projet.

En juin 2010, on observe les résultats suivants :

  • la mise en place de 151 groupements ;
  • l’implication de 3 715 femmes dans la démarche du programme ;
  • la mobilisation d’une épargne de 18 000 000 F cfa ;
  • 88% des fonds épargnés sont prêtés aux femmes membres des groupes.

Fin 2011, ce programme couvre l’ensemble des dix communes du département de Dogondoutchi.

Les résultats atteints en novembre 2011 sont les suivants :

  • sept mille cent cinquante quatre (7154) femmes actives issues des 279 groupes ayant débuté les activités d’épargne qui sont sous l’encadrement des agents du programme EPC ;
  • cinq mille huit soixante dix sept (5877) femmes membres de groupements et ayant un crédit en cours ;
  • une somme globale mobilisée par les différents groupes estimée à 56.942.640 FCFA et l’épargne cumulée est de 42.684.675 FCFA ;
  • une somme de 49.099.480 FCFA fut octroyée en prêt ce qui représente 86% du montant mobilisé par les femmes.

En juin 2013, Le Programme Epargner Pour le Changement couvre deux département a savoir celui de Dogondoutchi comprenant les communes de Dogondoutchi, Dankassari, Dogonkiria, Kiéché, Matankari et Soucoucoutane et celui de Tibiri ayant pour communes Tibiri, Douméga, Guéchémé et Koré-Mairoua. EPC intervient actuellement sur 145 villages sur un total de 471 villages que comptent les deux départements réunis. Ce programme à permis la mise en place de 494 groupes.
Le nombre de groupes ayant fini avec les modules de renforcement des capacités est de 293 ; tandis que le nombre de groupes sous encadrement est de 201. Il est a noter que les groupes totalisent un effectif de 12 307 femmes avec 6 892 emprunteurs. Les groupes ont mobilisé le montant de 92 819 018 CFA avec une épargne de 70 566 285 CFA.

Un exemple

Mme Illa Méri Gado analphabète membre du groupe Taimakon Kaidakai (ce qui signifie entraidons nous) de Matankari est mariée depuis quatre ans et mère de deux filles. Son mari est revendeur de volailles ; ils habitent à l’extrémité du village. Avant son mariage chez son papa il était difficile d’entendre sa voix tellement qu’elle était timide. Elle n’avait pratiquement pas d’amies. Cette situation a continué après son mariage. Un jour, elle aperçut un groupe de femme en réunion EPC, tellement émue par cette vue, elle n’hésita pas à demander à adhérer a ce type d’activité. Après son adhésion elle été régulière aux réunions et devançait tout le monde au rendez-vous hebdomadaire. Avec les séances d’apprentissage et avec l’aide des femmes du groupe elle se libère petit à petit de cette gangrène qui l’a rendu insociable. Désormais sa vie a basculé et dans son foyer elle est plus animée de joie de vivre qu’auparavant.
Ainsi Méri souhaite que toutes les femmes de la contrée aient la chance de bénéficier de cette initiative ; car selon elle celà aide à l’intégration sociale des femmes.

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