C’est un projet qui a démarré en 2002 dans le quartier de Talladjé à Niamey. De nombreux enfants ne sont pas scolarisés dans la partie pauvre de ce quartier, qui est un bidonville. Le projet a consisté à les recenser, avec l’aide d’une association de femmes du quartier, puis à les scolariser pendant un an, pour qu’ils puissent s’intégrer l’année suivante dans le système éducatif.

Période 2002-2009 : mise en place

Une classe d’élèves de 7 à 9 ans -autant de filles que de garçons- a été scolarisée chaque année. Après une année, les enfants ont été réintégrés dans le système scolaire d’état.

La classe Espoir, initialement prévue pour 50 élèves, a eu à accueillir jusqu’à 72 enfants, filles et garçons en 2003-2004.

En 2005-2006 l’association a élargi son action en offrant le repas de midi aux élèves, et en proposant des activités socioculturelles.

L’association a élaboré son projet en veillant à ce qu’il reçoive l’agrément du Ministère de l’éducation nationale. Ensuite, elle a recherché des locaux et des partenaires afin d’effectuer le recensement des enfants, de recruter un instituteur et d’équiper une classe.

L’Inspection de l’enseignement primaire a fourni les meubles et une partie des fournitures.

Tarbiyya Tatali, grâce à un don spécifique, a pris en charge les autres coûts :

  • salaire de l’enseignant
  • achat des manuels scolaires
  • complément de fournitures
  • construction de la salle de classe paillotte (salle de classe en bois et en paille)

L’Ecole Espoir a reçu en 2009 un soutien financier du Rotary Club d’Istres qui a permis d’y installer des latrines et d’acheter des tables-bancs et des fournitures scolaires.

Période 2010-2012 : renforcement grâce à la fondation Stromme

L’association a souhaité étendre encore son action pour la scolarisation des enfants du quartier de Talladjé et en leur permettant à terme d’améliorer leur situation socio-économique, ainsi que celle de leurs familles.

Pour cela l’association met en place deux pôles de scolarisation :

  • La classe "Passerelle" pour les 6-8 ans.
  • La classe de "Stratégie de Scolarisation Accélérée" pour les 12-14 ans.

La scolarisation se fait en langues du milieu avec l’introduction du français à l’oral puis à l’écrit.

En effet on s’est aperçu que les élèves nigériens qui arrivent en cours moyens (CM) ne savent souvent ni lire, ni écrire correctement.

Des expériences de scolarisation en langues du milieu ont montré que l’apprentissage dans la langue maternelle permet aux élèves de développer des stratégies de « lecture-écriture » les rendant plus performants à l’apprentissage d’une autre langue comme le français.

Pour la classe "Passerelle", mise en place en 2006-2007 , les enfants de 6 à 8 ans suivent une année scolaire de qualité et réintègrent pour la grande majorité le système scolaire formel. Les cours s’y font en langue du milieu durant les trois premiers mois avec l’introduction du français à l’oral et à l’écrit au cours des autres mois de l’année. En 2010, 108 élèves sur 147 sont admis à passer au CE1 (au lieu du CP), soit un taux de réussite de 73,47 %. Ce gain de temps d’une année scolaire est très bénéfique aux enfants qui vont tardivement à l’école et leurs familles apprécient très positivement l’efficacité de l’innovation.

Pour la classe de "Stratégie de Scolarisation accélérée", mise en place fin 2009 grâce à la Fondation Stromme 31 enfants de 12 à 14 ans suivent deux années scolaires complètes et de qualité. Les cours se font en langue du milieu pendant deux mois avec introduction progressive du français à l’oral puis à l’écrit.
En 2010, les 30 élèves évalués (un élève étant malade) ont obtenu les résultats suivants : 4 excellent, 8 TB, 1 B, 7 AB, 3 Passable, 4 Faible, alors que 13 d’entre eux (dont la première de la classe) n’ont jamais fréquenté l’école avant décembre 2009. Le test , du niveau fin du CE2, est organisé par l’inspection de l’enseignement de la commune Niamey IV.

L’Ecole Espoir a arrếté de fonctionner entre 2013 et 2016.

Une nouvelle classe est remise en place en octobre 2017. Il y a 31 élèves, 19 filles et 12 garçons, financée par les fonds propres de l’AECIN. L’école porte désormais le nom de Mahamadou Saïdou, son fondateur. L’animatrice a fait remarquer que pour lutter contre l’absentéisme il serait utile de mettre en place un système de restauration le midi, l’AECIN a récolté des fonds à cet effet.

En 2018-2019, la rentrée a eu lieu le 1er octobre avec 30 apprenants dont 8 filles et 22 garçons. La faible proportion de filles est dûe au fait que les filles non-scolarisées étaient suffisamment jeunes pour pouvoir aller à l’école du quartier. Une épidémie de varicelle qui a atteint aussi l’animatrice est survenue en janvier 2019 mais tout est rentré dans l’ordre. Un système de restauration scolaire est mis en place à partir de la mi-avril. C’est la période de l’année la plus pénible au point de vue climat, et les prix de la nourriture augmentent. L’eau a été aussi amenée près de la classe ce qui permettra de cultiver un jardin scolaire.

Déjeuner à l'Ecole Espoir
Déjeuner à l’Ecole Espoir